GAZETTE NUCLÉAIRE
191/192, septembre 2001
LE COIN ASSOCIATIF

COMMUNIQUE :LE C.R.I.L.A.N ENFIN AGRÉE POUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT.

     Par arrêté du 3 juillet 2001, le Préfet de la Manche a accordé l'agrément départemental au titre de la protection de l'environnement au C.R.I.L.A.N; après plus de 20 ans d'existence.
     Il aurait été incohérent d'admettre le représentant du CRILAN, depuis presque 20 ans comme membre de la CSPI de la Hague, dépendant du Ministère de l'Industrie, depuis 15 ans comme membre de la CLI de Flamanville, sous la responsabilité du Conseil Général de la Manche, et depuis quelques années comme membre de la Commission de surveillance du Centre de stockage Manche, sous la responsabilité de la Préfecture, d'un côté, et de l'autre de continuer à lui refuser l'agrément.
     Il aurait été mal venu pour l'Administration de fêter le centenaire de la loi de 1901 sur les associations d'une part et de l'autre de continuer à restreindre leur pouvoir d'ester en justice.
     La Préfecture a utilisé le délai de 6 mois qu'elle avait pour répondre à notre dernière demande arrivée dans ses bureaux le 4 janvier 01. Cela aura permis au Tribunal de Cherbourg de débouter le CRILAN à la demande de la COGEMA-- fin mars, dans son référé contre le stockage illégal des déchets de MOX de HANAU (Allemagne) à la HAGUE, notamment pour manque d'agrément.
     Ce sera désormais plus difficile d'utiliser la forme pour ne pas avoir à répondre au fond à nos plaintes et recours.

Pour le CRILAN, le 05/07/01 Didier ANGER

Point d'info supplémentaire pour corriger mon erreur de la Gazette 189/190
     Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt la  Gazette. Et j'ai relevé dans ton édito, à propos du CRILAN, une inexactitude : "A part cela, le CRILAN a, quant à lui, déposé une plainte contre l'importation de combustibles MOX en provenance de HANAU mais il a été débouté non sur le fond mais sur la forme : il n'est pas habilité à ester en justice." C'est cette dernière partie de la phrase qui est fausse. Comme toute association loi 1901, Le CRILAN peut ester en justice ( il l'a déjà fait de nombreuses fois), mais cela dépend devant quelle instance et de la forme de la plainte. En l'occurrence, il s'agissait d'une forme de référé (comme celle de GREENPEACE) et l'agrément au titre de l'environnement nous était nécessaire. Nous avons demandé ce dernier d'abord à la préfecture de Région qui nous l'a refusé au motif que nous n'avions pas fait la preuve que nos actions s'étendaient sur l'ensemble du territoire de la Région ; puis à la Préfecture de la Manche le 2 janvier 2001. Le Préfet de la Manche a six mois pour nous répondre. Nous attendons donc le 2 juillet prochain sans grandes illusions étant donné la façon dont il vient de s'impliquer dans la dernière affaire de GREENPEACE... C'est pourquoi, pour cette affaire, et pour cette dernière uniquement, nous avons confié le dossier à une association agréée du département de la Manche : "Manche Nature". le procès doit avoir lieu le 11 juin prochain... Cela va aussi "dépolariser", espérons-le... Nous avons profité de cet incident pour procéder à un toilettage de nos statuts dont la modification vient de paraître au Journal officiel...afin de nous mettre à l'abri  de surprises ultérieures. Le climat est toujours très tendu entre les écolos et les travailleurs de COGEMA....
p.26

La page 27 fait l'objet d'un site à part:
"Le solaire, est-ce… vraiment rentable (à tel ou tel endroit) ?"
Yves Renaud
Président du SOLAR Club du CERN
(Genève)

INFO REZO
La Souris Verte - Le Forum des jeunes Verts
http://www.souris-verte.net
Sixième numéro de la Souris Verte : Tchernobyl, 15 ans déjà ! (coordonnée par Émilie)
Sommaire:
     Le dogme du nucléaire se fissure !Inactif aujourd'hui..... Radioactif demain !
     Une (co)génération pour sortir du nucléaire.
     Deux ou trois questions à Maryse Arditi, porte-parole nationale
     A suivre...
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LE DOGME DU NUCLÉAIRE SE FISSURE !

     Présentée par tous ses défenseurs comme une révolution indéniable dans l'appropriation d'une énergie propre, maîtrisée et contrôlée, l'énergie nucléaire reste en France un mythe construit de toute pièce à grand renfort de publicité démagogique et appuyé par des chercheurs-industriels mercantiles et menteurs.
     De ces centrales érigées telles des totems sacrés, au pied desquelles viennent s'agenouiller la plupart des politiques aveuglés par des dogmes fantaisistes, rien ne s'échappe. On se souvient tous de ce nuage radioactif, made in Tchernobyl, stoppé valeureusement à la frontière du pays le plus nucléarisé du monde, par moultes directives et dépêches mensongères, ainsi que de ces vagues d'experts rassurant une population crédule et désinformée de l'absence de risques (" En France, ça ne peut pas arriver ! ").
     Face à cette manipulation médiatique à grande échelle et à cette propagande dirigée de main de maître par le tout puissant C.E.A. (Commissariat à l'Énergie Atomique), avec l'aide de Framatome et de la Cogema, sachons combattre la catastrophe annoncée.
     L'importance d'une manipulation comptable: seulement 20% de la consommation totale d'énergie en France est d'origine électrique et non 41%, comme l'affirme EDF. Deux raisons expliquent ces erreurs comptables: d'une part, les 8 Mtep/an de bois ne sont pas pris en compte dans le bilan EDF, et d'autre part, alors que tous les autres pays européens adoptent un coefficient d'équivalence de 0,086 tep par MWh, la France, elle, utilise pour ses calculs le coefficient arbitrairement plus élevé de 0,222(*). Pourquoi, en France, l'importance du nucléaire est-elle gonflée artificiellement ?
     L'indépendance énergétique: 78% de l'énergie est d'origine nucléaire en France, ce qui ne représente donc que 15 % de la consommation finale d'énergie en France. Le pétrole représente encore 49 % ! En France, on a déjà pas de pétrole, mais en plus on a des mauvaises idées !!!
     L'énergie de l'avenir: Le nucléaire ne représente que 15% de l'énergie mondiale(note du webmestre: erreur, <6%:  toujours cette confusion entre éneregie et électricité!...), le pétrole 39 %. La Norvège, le Danemark, l'Autriche, le Portugal, ignorent le nucléaire. La Grèce, l'Australie et la Nouvelle-Zélande veulent aussi se passer du nucléaire. Les Pays-Bas, qui gèrent un seul réacteur, ont décidé de se passer de cette énergie de l'avenir et parient sur le gaz. L'Italie, avec ses 4 réacteurs, en est sortie après le référendum de 1988. Des moratoires bloquent la construction de toute nouvelle centrale en Suisse, en Espagne et en Belgique. En Allemagne, le gouvernement a acté le principe de l'abandon du nucléaire (30% de l'électricité outre-Rhin). Et nous, et nous, et nous ?
     Une industrie de pointe: dans le monde économique, la notion d'industrie de pointe s'applique à des secteurs économiques dynamisés par d'importants travaux de recherches très diversifiés, connaissant des progrès technologiques importants, une forte croissance annuelle et un développement international rapide. Cette définition s'applique à la micro-informatique ainsi qu'à une partie seulement de l'électricité: l'utilisation de gaz naturels dans la production d'électricité.
     Même Framatome, 1er fabricant au monde de centrales nucléaires, mise maintenant plus de 50 % de ses investissements dans le gaz. Et vous, dans quelle énergie d'avenir voulez-vous miser dans les 30 prochaines années ?
     La modernité: la dernière centrale nucléaire, qui est Superphénix, illustre le mieux cette modernité: construite dans les années 70, elle n'aura fonctionné que neuf mois en onze ans à pleine puissance, générant un gâchis de 60 Milliards de Francs et une somme identique pour son entretien et le futur démantèlement. (Échange Ferrari contre 2-chevaux pour cause modernité. Contacter Cogema)

suite:
     La fiabilité: les centrales nucléaires sont avant tout très fragiles. "Tous ces incidents témoignent d'une maîtrise encore imparfaite de la réalisation ou du maintien de fonctions importantes pour la sûreté des installations nucléaires", 1997, Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires). Grand jeu concours: où va-t-on ouvrir le deuxième grand centre d'expérimentation sur l'influence de la radioactivité sur les processus vitaux ? 1er prix: un voyage aller simple à Tchernobyl, 2ème prix: une visite guidée et rassurante dans le réacteur de Fessenheim et 3ème prix: un week-end gastronomique dans les Vosges avec dégustation de champignons.
Pierre-Yves - Strasbourg
INACTIF AUJOURD'HUI...

     La publicité du nucléaire, cette énergie que nous devrions croire propre parce qu'elle laisse le ciel bleu, n'est plus à faire. Mais cette atmosphère limpide, au passage fortement réchauffée par la vapeur d'eau issue du système de refroidissement des centrales, ne doit pas nous faire oublier l'importance du sous-sol, de ses nappes phréatiques et de la verdure qui les recouvre, permettant à Marie-Amélie de gambader joyeusement (Marie Amélie: la Miss EDF en salopette rose).
     L'intérêt de la terre, c'est en effet qu'on peut y creuser sans risque et y dissimuler bien à l'abri des regards malveillants ou même seulement inquiets, des résidus de toute sorte, pouvant, par exemple, nuire à une image de marque, ou remettre en question une politique énergétique savamment menée depuis des dizaines d'années. Un autre intérêt de cette terre est qu'elle est moins peuplée à certains endroits qu'à d'autres, or moins d'habitants = moins de contestataires. Ainsi, un "laboratoire d'études", futur lieu d'enfouissement si rien n'est fait, est en cours de construction à Bure, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, non loin des Vosges.
     L'enfouissement des déchets radioactifs apparaît donc comme une solution bien pratique pour préserver l'innocence chèrement défendue des blanches et belles centrales. Une fois qu'ils seront bien au chaud dans leur fûts de béton et à plusieurs centaines de mètres de profondeur, bien malin qui pourra encore s'en plaindre et même s'en souvenir !
     Et pourtant ... il est d'ores et déjà certain que le béton de ces fûts ne sera pas suffisamment résistant à la chaleur radioactive qui s'en dégagera pendant des milliers d'années et que leur contenu, grâce aux nappes phréatiques déjà remerciées, pourra se répandre et contaminer tous les êtres vivants alentours. Mais heureusement, après tout ce temps, le lieu du site sera sans nul doute oublié -à moins qu'une centrale n'ait déjà explosé, réglant la question de la vie sur la terre- et les habitants n'auront plus qu'à se réjouir de l'eau chaude disponible.
     Le seul intérêt du nucléaire est que sa pollution, la plus longue et la plus dangereuse de toutes, est INVISIBLE ! Alors pourquoi continuer dans cette impasse encombrée de déchets nocifs et en nombre toujours croissant quand les énergies renouvelables sont disponibles à l'infini et que la science moderne permet de les rendre toujours plus efficaces et de bon rendement ?

D.H- Strasbourg
(*) Un lecteur (Mr Jouffroy) nous rappelle le calcul de conversion:
1MWh  est équivalent à 0,086 Tep:
1KWh = 1000 x 3600 joules ou (3600000/4,18) calories 
soit 861 000 calories = 861 Calories
1 Kep (Kilo équivalent pétrole) = 11,6 KWh = 11,6 x 861 Calories
soit 1 Kep ~ 10000 Calories, ce qui est la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer 10 litres d'eau de 0°C à 100°C.
1 Tep (tonne équivalent pétrole) = 11,6 MWh
1 MWh = 86,2 Kep donc 1MWh = 0,086 Tep
p.28

... RADIOACTIF DEMAIN !

     L'ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) veut nous imposer ce mode de stockage pour les déchets de haute activité et les déchets à vie longue. Ceci est dangereux pour plusieurs raisons:
     Parce que ce qui est sous terre est invisible, difficilement accessible donc difficilement contrôlable par des organisations indépendantes.  Ce processus est irréversible  et c'est une véritable bombe à retardement que nous léguons aux générations futures. En effet les déchets étant entreposés à plusieurs centaines de mètres sous terre la reprise de ces beaux " colis " devient un exercice de travaux publics si les cavités sont remblayées, puis un exercice d'exploitation minière lorsque le site est définitivement bouché. Il est nécessaire de s'assurer de la réversibilité de positionnement (possibilité de les déplacer) et de la réversibilité de conditionnement (possibilité de remplacer leur emballage).  L'argument géologique (ajouter une barrière d'étanchéité) ne tient pas : cf. Claude Allègre "géologiquement parlant, le sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker des déchets à long terme, en raison de l'activité corrosive des eaux tièdes, omniprésentes, qui finissent par tout altérer ". Le site de la Meuse contient (comme cela est fréquent ) de la pyrite qui en s'oxydant en milieu humide et chaud, forme de l'acide sulfurique (corrosif).
     Quand on sait qu'un certain nombre de déchets n'est pas répertorié ou même localisé  par l'ANDRA à l'heure actuelle, on peut se poser des questions sur l'avenir des déchets enfouis.
     Il n'existe pas de solutions miracles pour les déchets déjà produits, il est donc nécessaire de : Rechercher des solutions permettant la séparation et la transmutation des éléments radioactifs  (c'est à dire essayer de diminuer leurs activités) mais  la mise en ouvre de telle pratiques pourrait générer une pollution de l'environnement et une exposition importante des travailleurs.
     Favoriser le stockage en surface qui est réversible et pour des raisons de sécurité, considéré comme forcément temporaire obligeant les gestionnaires du site à contrôler régulièrement leurs déchets et à changer leurs emballages.

 Pour plus d'infos contactez la CRII RAD
http://www.criirad.com
commission de recherche et d'information sur la radioactivité.

 Émilie - Grenoble
     Toutes et tous à Bure contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires du 22 au 29 juillet 2001

UNE (CO)GÉNÉRATION POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE

La France restera-t-elle le dernier pays à ne pas envisager une sortie du nucléaire. Dans les années 60, la France a fait le choix tacite du nucléaire. Sans débat, les nucléocrates ont imposé un mode de production énergétique dont les conséquences en terme de gestion des déchets sont loin d'être anodines. Qui est aujourd'hui capable d'assurer aux générations futures que nous maîtriserons la technologie nucléaire dans cinq ou dix générations ? Qui est capable d'affirmer que dans cinquante ou cent ans, les sociétés de nos petits enfants souhaiteront encore payer les gardiens du temple nucléaire de la Hague et des autres sites irradiés !
     Il suffit de remonter à la genèse du nucléaire pour remarquer à quel point nucléaires militaire et civile sont intimement liés. Les programmes de recherche effectués sur la bombe atomique ont immédiatement trouvé des débouchés dans le domaine de la production électro nucléaire. Il n'est donc pas étonnant de percevoir les similitudes dans leur mode d'organisation. Centralisée et entourée du plus grand secret empêchant tout choix démocratique, l'énergie atomique produit une société dans laquelle les citoyens n'ont plus voix au chapitre pour le plus grand bénéfice de lobbies très bien organisés.
     Il aura fallu engloutir plusieurs dizaines de milliards de francs pour se poser la question de la pertinence des investissements liés à la surgénération de Superphénix. Il aura fallu la ténacité d'associations écologistes pour dénoncer la " disparition " mystérieuse du nuage radioactif de Tchernobyl. Combien faudra-t-il de trains transportant des déchets radioactifs entre les centrales allemandes et La Hague pour percevoir le risque qu'il y a à transporter de telles matières ?
Il existe pourtant des solutions opérantes pour sortir progressivement du nucléaire. L'Allemagne vient de faire ce choix responsable, tout comme la plupart de ceux qui avaient opté trop facilement pour cette énergie. Les énergies renouvelables telles que l'éolien, le solaire ou la bio génération peuvent nous aider à trouver des alternatives viables. La substitution de l'énergie électrique par le gaz par exemple pour chauffer des habitations est à même d'accroître les économies d'énergies recherchées. De plus, l'isolation thermique entre dans le cadre d'une politique ambitieuse de maîtrise de l'énergie. Enfin, nous pouvons espérer que la réorientation des budgets considérables affectés à la recherche atomique permettra d'améliorer la rentabilité de certaines énergies encore marginales.

suite:
     La sortie du nucléaire ne sera pas une utopie si nous nous donnons les moyens de trouver des alternatives crédibles. La lutte anti-nucléaire s'inscrit dans la volonté de promouvoir une société dans laquelle les citoyens ne seraient plus soumis à un pouvoir ultra centralisé. En promouvant les énergies renouvelables, les écologistes préconisent l'utilisation d'énergies ne nécessitant pas de réseaux de distribution surdimensionnés et coûteux. La sortie du nucléaire permet d'allier viabilité économique, réhabilitation de la démocratie, développement local durable et sécurité des populations.
Stéphen - Paris
DEUX OU TROIS QUESTIONS A MARYSE ARDITI, PORTE PAROLE DES VERTS

     S.v : Alors que l'on commémore le 15ème anniversaire de l'exposition de Tchernobyl, la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) vient de rendre public une carte montrant l'ampleur de la contamination radioactive subit par la France suite à la catastrophe. A l'époque, le gouvernement avait nié le fait. Ce mensonge d'État est-il révélateur de l'opacité entourant la question nucléaire en France.
     Maryse Arditi : En fait, ce mensonge d'État est surtout révélateur de la façon dont les crises sont gérées dans notre pays. Chimique ou nucléaire, un accident est toujours nié dans un premier temps, ensuite minimisé. Quand l'impact sur l'environnement ne peut plus être nié, on explique que c'est suffisamment faible pour que l'impact sur la santé soit nulle. Par rapport à ce schéma classique, le nucléaire est encore plus caricatural car, civil ou militaire, il est l'émanation directe de la volonté politique depuis un demi-siècle, soutenu par toute la classe politique de l'extrême droite à l'extrême gauche, à la notable exception des Verts.
     S.v : Il y a quelques semaines, un train chargé de déchets nucléaires à destination du centre de retraitement de La Hague a traversé la France. Pour la 1ère fois, comme en Allemagne, des manifestants, dont vous, sont parvenus à bloquer à plusieurs reprises le convoi. Ce type d'action symbolise-t-il une prise de conscience des français sur l'énergie nucléaire et ses dangers ?
     Maryse Arditi : Il faut inverser le sens de cette question. Les Verts ont décidé de s'investir le long de ce train pour alerter les français et tenter de leur faire prendre conscience des risques liés au transport des déchets nucléaires. L'objectif est aussi d'alerter les élus locaux qui sont responsables de la sécurité de leur administrés. Et je vois que cette démarche que nous allons répéter, train après train, va se révéler payante. Déjà plusieurs maires de l'Est de la France viennent de prendre un arrêté interdisant le passage des trains de déchets nucléaires. Même si cette mesure n'est pas respectée, elle aura un impact très fort si elle se généralise le long du passage du train.
     S.v : Environ 80% de l'électricité est produite en France par la filière nucléaire. Ce chiffre a souvent servi aux gouvernements successifs pour pratiquer la politique du fait accompli et démontrer que renoncer au nucléaire mettrait le pays en situation de dépendance. Pourtant, dans le monde entier, al plupart des États ont fait le choix d'une politique énergétique différente. Quelle est-elle et peut-on penser que la France se convertira rapidement à cette solution ?
     Maryse Arditi : Il est sûr qu'il est plus délicat de reconvertir un système énergétique qui provient à 80% de l'énergie nucléaire. La France est le pays le plus nucléarisé du monde. Mais si nous voulons en sortir, c'est parfaitement possible. Il faut d'abord maîtriser la consommation d'énergie et surtout d'électricité, ensuite produire un maximum d'électricité par les énergies renouvelables et enfin compléter par du gaz en cogénération (production simultanée d'électricité et de chaleur qui permet un excellent rendement). Les Verts ont fait réaliser des scénarios : on peut sortir du nucléaire en respectant les engagements de sur l'effet de serre et en fermant les centrales au bout de 25 années de fonctionnement. Il ne manque que la volonté politique.

Questions posées par Antoine Lagneau
A SUIVRE...

* Ce nucléaire qu'on nous cache - Michèle Rivasi et Hélène Crié
* Le nucléaire ou la bougie - Les Verts
* Réseau Sortir du Nucléaire :
http://www.sortirdunucleaire.org
* Criirad : http://www.criirad.com
* France, poubelle nucléaire- Perline http://perline.org
* Ecolo-Parade : Samedi 9 juin à partir de 14h30 à Paris de la place de la Bastille jusqu'au Carrousel du Louvre. Venez déguisé-e !
* Ce n'est qu'un début... : Du 5 au 8 juillet, la Souris Verte-Le Forum des jeunes Verts vous donne rendez-vous à Strasbourg pour sa création officielle (pour plus d'infos : http://www.souris-verte.net)

p.29

ÉCOLOGIE DU CARCASSONNAIS, DES CORBIÈRES ET DU LITTORAL AUDOIS

A propos de l'usine Comurhex à Malvési (Narbonne-Aude)
Narbonne, le 2/05/01

A propos de l'usine Comurhex à Malvési (Narbonne-Aude)

     L'usine de Malvési est un maillon souvent ignoré de la chaîne du combustible nucléaire. La Comurhex -filiale à 100% de la Cogema- y traite "à façon" pour les électriciens du "yellow cake" provenant des usines du monde entier pour le transformer en tétrafluorure d'uranium (UF4) qui est expédié à un autre établissement de la Comurhex à Pierrelatte (Drôme), où il sera transformé en hexafluorure d'uranium (UF6) avant d'être "enrichi" en isotope uranium 235.
     La capacité de traitement de Malvési est d'environ 12.000 tonnes/an d'uranium, et le yellow cake stocké dépasse sans doute 15.000 tonnes, dans des montagnes de fûts dont certains sont là depuis plusieurs années. L'usine n'a jamais été classée en "installation nucléaire de base" (INB) malgré les quantités de radioactivité présentes entre autres dans les bassins de lagunage- 45,5 TeraBq selon l'inventaire ANDRA 2000, soit plus de 1200 Curies- mais elle relève du régime des "installations classées pour la protection de l'environnement " (ICPE), site Seveso, à cause de l'acide fluorhydrique (HF) mis en oeuvre et stocké (180 tonnes). A force de demandes auprès de la DRIRE et de la Préfecture, ECCLA a obtenu en 1993 la création d'une CLES (Commission Locale Environnement et Sécurité), tout à fait officieuse et sous la coupe de la Comurhex. Depuis quelques semaines, cette usine a défrayé la chronique dans les media, à trois occasions en particulier : - Le samedi 10 mars 2001, déraillement de trois wagons d'HF en gare de Narbonne, soit plus de 100 tonnes de ce produit extrêmement toxique, par simple effondrement de la voie dû à un manque d'entretien flagrant. Le 3 avril, deux wagons ont pu être relevés mais le dernier n'a été relevé que le dimanche 29 avril (plus de 7 semaines après) en nécessitant une opération assez délicate par vérins avec évacuation partielle de la population par précaution.
     - Le mardi 27 mars à 20h 35, Canal + diffusait en crypté dans le cadre de son émission "90 minutes" un remarquable reportage d'une demi-heure, "négligence au pays de l'atome" de Francis Huss et Jean-Baptiste Rivoire sur les précaires et intérimaires victimes d'irradiation. Le premier cas traité est celui de Michel Leclerc, victime il y a quelques années d'une irradiation à Malvési et embarqué dans des procès sans fin contre la société d'intérim qui l'employait et contre la Comurhex. Le directeur de Malvési intervient également et on voit clairement son embarras. L'émission est repassée en clair le samedi après-midi 7 avril, et une cassette vidéo en est disponible à ECCLA pour ceux qui le souhaitent. - Le vendredi 20 avril à 20h 10, France Inter diffusait une extraordinaire émission de 50 minutes "Écoutez…des anges passent : les travailleurs du nucléaire" de Zoé Varier, entièrement consacrée au cas de Michel Leclerc et de M. Garcia, également intérimaire victime d'irradiation à Malvési. On a peine à croire ce qu'ils racontent sur des nuages de poudre de minerai produit et inhalé en débouchant des tuyaux obstrués ou en déchargeant un camion trop plein…
     En guise de conclusion, nous pensons que l'usine Comurhex de Malvési ne doit plus être le chaînon oublié du nucléaire car elle présente aussi des risques importants, nucléaires ou chimiques.

Écologiquement vôtre Pitch BLOCH 

INFO REZO

ÉNERGIE NUCLÉAIRE EDF au-devant des antinucléaires
(Sud-Ouest jeudi 17 mai 2001 )

     L'association TchernoBlaye a reçu deux responsables d'EDF à leur demande : l'électricien public fait le tour des leaders d'opinion, fussent-ils hostiles

Par : CLAUDE GARNIER
     Dans le cadre de l'un de ses grands chantiers, en l'occurrence celui portant sur les questions d'environnement, EDF veut consulter des leaders d'opinion. En Aquitaine, l'un des trois sites pilotes pour cette opération, 120 personnes (élus, chefs d'entreprise, responsables d'enseignement, médecins, associations, syndicats, etc.) ont été sollicitées pour participer à des entretiens assez informels avec des responsables d'EDF. « C'est une démarche d'écoute. Nous voulons savoir ce qu'on pense de nous, ce que les gens attendent d'EDF, ce qu'ils pensent de sa politique en matière d'environnement et de gestion de l'énergie, comment est perçue la centrale nucléaire de Blaye, les points positifs, les points négatifs », explique Pierre Cazenave, chargé de mission à la délégation régionale d'EDF en Aquitaine. M. Cazenave, accompagné de Christophe Auriac, directeur de la communication au CNPE du Blayais, participait hier à l'Utopia à l'une de ces premières rencontres avec le collectif antinucléaire TchernoBlaye que représentaient Stéphane Lhomme et Alain Gagnepain. «Chacun de nos interlocuteurs recevra des réponses écrites précises aux questions qui nous auront été posées et une synthèse sera faite de l'ensemble des entretiens, qui servira de support à une réunion plénière qui sera organisée à l'automne», précisait Pierre Cazenave.
suite:
QUESTIONS
     «Nous préférons ce genre de rapports à des exclusions sans appel, mais nous ne nous faisons pas trop d'illusions sur ce qu'il sortira de ce dialogue», rétorque Stéphane Lhomme, qui milite ouvertement pour la fermeture du site de Braud-et-Saint-Louis. Et d'indiquer en conférence de presse, juste avant de recevoir ses hôtes du jour, que le collectif TchernoBlaye a l'intention de réclamer à EDF des documents qui peuvent alimenter sa lutte contre le nucléaire.
     Et notamment: communication du courrier adressé le 20 septembre dernier aux directeurs des centrales par le directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire, faisant état de «manquements notables en matière d'adéquation entre, d'un côté, les formations initiales et les recyclages des personnels et, d'un autre côté, les habilitations délivrées par le chef d'exploitation aux agents concernés». Communication aussi de documents «qui prouvent qu'une irradiation, en dessous d'un certain seuil, n'est pas dangereuse; du nombre de "salariés extérieurs" ayant travaillé au Blayais depuis l'ouverture de la centrale, et les résultats d'éventuelles enquêtes épidémiologiques».
     Le collectif aimerait aussi que soit communiqué le détail des «dates et trajets» des transports de déchets nucléaires produits par la centrale du Blayais. «Après tout, ça intéresse les gens, non ? Ces renseignements, si on les a, nous les mettrons sur notre site Internet», ajoute Stéphane Lhomme.
     «Depuis des mois nous réclamons une expertise indépendante de la radioactivité émise par la centrale; la commission locale d'information s'y était engagée, mais l'affaire a été enterrée. On n'en a aucune nouvelle, et notre association a été éjectée du comité de suivi. Mais il est vrai que la CLI est une pure et simple courroie de transmission d'EDF», estime le président de TchernoBlaye, qui s'étonne moins à présent que le journal de la CLI, « Réacteur », ne lui ouvre plus ses colonnes, ce qu'elle avait fait cependant dans le numéro 10 après la tempête.
rezo.fr@liste.netacces.com
Douche froide pour les utopistes pronucléaires
Le nucléaire ne peut pas arrêter le réchauffement de la terre.

     Pour prouver ça, encore un peu plus de statistique: La DGEMP a donné des chiffres et le CEA en a aussi donnés.
     sources : (L'énergie en France, édition 2000, ministre de l'économie des finances et de l'industrie) et dans "Mémento sur l'énergie", 1999
     Calculs avec les chiffres de la DGEMP:
     * consommation d'énergie primaire commerciale mondiale par source (1990): nucléaire: 6.3% (énergie renouvelables: 8.9%).
     Prévision de consommation d'énergie primaire commerciale mondiale pour 2010: nucléaire: 6.4% (énergies renouvelables: 10.2%)
     (scénario "sagesse traditionnelle", source: d'après DG XVII (1996))
     * 16.5% de la production d'électricité d'origine nucléaire dans le monde vient de la France
     * le ministre de l'économie des finances et de l'industrie informe:
     Consommation d'énergie
     primaire en France/1999 (Millions de tep) %
     Charbon 14 (5.5%)
     Pétrole 100 (39.4%)
     Gaz naturel 35 (13.8%)
     Electricité primaire 92 (36.2%)
     (donc nucléaire (~80%), énergies renouvelables, charbon, ...)
     Energies renouvelables 12 ( 4.7%)
     TOTAL 254 (100%)
     "...le bois et l'hydroélectricité représentent environ 20% de la production nationale d'énergie"
     Calculs avec les chiffres donnés dans le mémento du CEA:
     -réserves d'uranium dans le monde fin 1996 (ressources connues + ressources estimées: 4 299 000 t
     -consommation mondiale actuelle annuelle: 56 250 t,
     -durée de la vie de la production d'énergie nucléaire: 76 ans.
     Si on triple la production mondiale de l'électricité nucléaire actuelle - pour lutter contre l'effet de serre - alors, la durée de la vie des réserves se réduit à 25 ans. C'est moins de temps que promit le soi-disant "sortir du nucléaire" allemand...
     Résumé:
     Pour rêver qu'on va résoudre le problème d'effet de serre avec le nucléaire, il faut être très optimiste, plus même que le CEA.
     PS: Pour ce maigre 6.4% on est prêt à polluer pas seulement la jolie France, mais aussi les territoires des Indiens canadiens et des Aborigènes en Australie, le Niger, le Namibie...
     C'est où se trouvent les mines d'uranium (et cette fois il ne s'agit pas seulement d'une "pollution visuelle"). L'assainissement de l'ancienne mine allemande "Wismut" a coûté jusqu'à aujourd'hui environ 23 milliard FF

Qui va payer pour l'assainissement en Niger?
p.30

INFO REZO

Un passionnant guide pratique sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables

     Aujourd'hui sur notre planète, la surconsommation la plus débridée d'énergie côtoie de criantes pénuries : 25% des habitants de la planète consomment 75% de l'énergie commercialisée. L'état des lieux est accablant : gaspillage des ressources fossiles limitées (pétrole, gaz, charbon...), atteintes à l'environnement (effet de serre ...,), risques de conflits. Il est urgent d'agir. Pour aider les élus à mettre en oeuvre des politiques locales responsables en matière énergétique, le Réseau "Sortir du nucléaire" (fédération de 612 associations) vient d’éditer un passionnant guide pratique de 56 pages "Agir localement pour l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables".
     L'efficacité énergétique (économies d'énergie, maîtrise de l'énergie...) consiste à réduire les consommations d'énergie (jusqu'à 50 % ou plus !), pour un service égal tout en permettant d'augmenter la qualité de la vie de tous les habitants de la planète et celle des générations futures. Cette excellente brochure, destinée également au grand public, contient de nombreux exemples concrets qui ont déjà fait leur preuve et qu'il est urgent de généraliser tant sur le plan collectif qu'individuel. Les aspects économiques (coûts d'investissement, rentabilité, subventions...) et l'impact en terme de créations d'emplois sont aussi clairement présentés. Cette brochure n’oublie aucun domaine relatif à la maîtrise de l'énergie (électricité, chauffage, transports, déchets ménagers, gestion de l'eau…). Les énergies renouvelables sont également clairement présentées : énergie solaire, bois énergie, hydraulique, éolien, biogaz, géothermie ...
     Bref, un guide indispensable, facile à lire, à s'offrir ou à offrir à un élu local (votre maire ou votre conseiller général par exemple) pour 40 F seulement (port compris). A commander au Réseau "Sortir du nucléaire" 9, rue Dumenge 69004 LYON (chèque à l'ordre de "Sortir du nucléaire").

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REZO : INFO SUR LA COGENERATION

Lu dans STOP-NOGENT : "Soulignons qu'en aucun cas l'énergie éolienne, ou solaire photovoltaïque ne permettent de faire de la cogénération !"

     C'est tout à fait faux en ce qui concerne le solaire photovoltaïque : des réalisations très intéressantes permettent de faire de l'électricité ET de récupérer la chaleur derrière le panneau PV en préchauffage d'air chaud.
     Un exemple : la Maison du Tourisme et des Cévennes à Alès (Gard) qui vient d'être inaugurée (architecte Yves JAUTARD) avec 3 mur-rideau photovoltaïques de 9,2 kWc au total.
     On pourrait même parler, pour des nouveaux composants PV solaires intégrés aux bâtiments de TRIGENERATION :
     - une fonction d'éclairage naturel, éventuellement variable en fonction des besoins et de l'état du ciel,
     - une fonction classique de production d'électricité avec couplage avec le réseau,
     - une fonction de récupération de chaleur, par transparence directe (et stockage dans la masse thermique du bâtiment) et par récupération d'air chaud sur la face arrière
     La réflexion - légitime - sur une sortie immédiate du nucléaire ne doit pas s'accompagner d'une dévalorisation des possibilités solaire !

p.31

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