Le moteur Stirling
(Association Suisse de l'Industrie Gazière ASI)


    Les termes "moteur Stirling" reviennent de plus en plus souvent ces derniers temps dans les revues spécialisées et dans la presse. C'est en 1816 que Robert Stirling, pasteur écossais, demanda déjà un brevet pour ce type de moteur. Dans sa version la plus simple, il comporte deux cylindres dont l'un est chauffé de l'extérieur et l'autre refroidi, et dont les pistons sont fixés sur le même vilebrequin. Les deux cylindres sont reliés entre eux par un conduit et remplis d'un gaz de travail - de l'hélium, de l'hydrogène ou de l'air. Ce gaz est chauffé dans un des deux cylindres et, en se détendant, pousse le piston vers le bas, entraînant ainsi le vilebrequin. Au retour du piston, le gaz chaud est déplacé par le piston vers le cylindre froid et cède la chaleur au régénérateur placé dans le conduit de raccordement (accumulateur de chaleur) et se refroidit. Le piston du cylindre froid précède d'un quart de tour celui du cylindre chaud, faisant ainsi place au gaz. En remontant, il comprime le gaz et le renvoie vers le cylindre chaud. C'est à ce moment que le gaz récupère la chaleur apportée précédemment au régénérateur.
    Fn résumé, le déplacement du piston chaud fournit plus d'énergie que le piston froid n'en utilise. Pourquoi?
    Cela ne peut s'expliquer que par la thermodynamique, encore inconnue à l'époque de Stirling. Son invention était fondée uniquement sur l'intuition. Vers la fin du XIXe siècle, le moteur Stirling trouva quelques applications aux Etats-Unis et en Europe, sous la dénomination de "moteur à air chaud".
    Au début du XXe siècle, le moteur Stirling fut complètement supplanté par le moteur à explosion tel que nous l'utilisons aujourd'hui dans l'automobile, car il était plus performant que le moteur à air chaud de l'époque.
    Dans les années trente, la maison Philips cherchait un système d'entraînement autonome pour un générateur d'un poste émetteur isolé et reprit le développement du moteur Stirling aux Pays-Bas. Dans les années soixante, Philips équipa avec succès des omnibus et des bateaux de moteurs Stirling développant des puissances jusqu'à 200 kW, mais une utilisation à plus grande échelle échoua pour des motifs de rentabilité. C'est dans les années soixante-dix seulement, qu'en raison de la pollution atmosphérique, on se rappela des avantages du moteur Stirling: la combustion externe utilisée pour chauffer de façon continue un cylindre dégage des gaz d'échappement sensiblement moins nocifs que lors de la combustion rapide dans un moteur à explosion. Le moteur Stirling a encore deux autres avantages: puisqu'il n'y a pas d'explosion ni de soupape, le bruit du moteur est à peine audible et, puisque rien ne se consomme à l'intérieur, les parois des cylindres et les joints demeurent propres, le moteur reste donc en bon état plus longtemps.